Rétrospective des cinq ans de Kosmopolite
Il y a cinq ans déjà, le festival Kosmopolite s’est installé à Bagnolet avec le soutien de la mairie. Cinq ans de passion et de travail commun pour permettre à des artistes du monde entier de se retrouver et de vivre leur art en toute authenticité. Cinq ans que cette manifestation ne cesse de s’enrichir d’influences et de rencontres diverses et variées pour redonner des couleurs aux murs de la ville. Certes, sur le chemin de la reconnaissance les obstacles ont été nombreux: conflits de positionnement, aspirations artistiques divergentes, stigmatisation de la pratique… Finalement, ces difficultés ont conforté le festival dans son combat pour l’art urbain. Reconnu aujourd’hui par les pionniers du graffiti et par les institutions publiques, Kosmopolite a acquis une certaine renommée et compte bien s’inscrire sur le long terme dans le paysage culturel français. De la première édition (lancement du festival en 2002) à la cinquième, en 2006 (jumelage avec le Harlem Hall of Fame et thématique du symbole), le festival a développé des programmations très diversifiées telles que « Graffiti du Nord au Sud » (2003), « Les femmes dans le graffiti » (2004) ou encore « Graphisme et graffiti » (2005). En cinq ans, Bagnolet a vu défiler des artistes aussi talentueux qu’El Mac, Lady Pink, le 123 Klan, Speedy Graphito, TKid, Cope 2, Hondo, Mosko et Associés, le Tatscru, Banga et Kay, les FC, Lokiss, Popof, Popay, Daze, Wayne, Fafi, Missil et Yz, Xtra Largos, 12Douze, Bates, Great, le 9è Concept, Abdel Rahman Katamani… et bien d’autres encore. Le résultat est là : un public toujours plus nombreux, des activités de plus en plus originales et un désir intact de promouvoir les différentes formes expressives de l’art pictural urbain. Lors de l’édition 2005, on se souvient d’évènements très particuliers comme la projection du documentaire inédit de Rita Fecher et Henry Chalfant « Flying Cut Sleeves » (Cin’Hoche), l’exposition Kosmokomix qui a réunit les univers du graffiti et de la bande dessinée à la médiathèque de Bagnolet, sans oublier l’évènement phare du festival, la réalisation en public d’une fresque de 400m2 par une quarantaine d’artistes invités. Autant de propositions audacieuses qui ont marqué les esprits et confirment la place de Kosmopolite comme un évènement incontournable de la culture graphique urbaine. Chaque année ce sont, en moyenne, plus de 4 000 personnes, initiées ou non, qui viennent apprécier les programmations successives du festival. Cet évènement pose de manière plus générale la question de la politique culturelle menée en banlieue et interroge le rôle de la culture dans son rapport avec les populations et les territoires. En tant qu’exemple particulièrement positif, Kosmopolite souligne que la transversalité dans l’organisation (mairie et association) et le caractère ponctuel de l’évènement sont des éléments porteurs en terme d’action culturelle. De plus, les arts urbains, qui se développent principalement dans la rue et non dans les circuits artistiques traditionnels, questionnent la fonction de l’art dans l’espace public. En s’infiltrant dans l’environnement urbain, s’affirme une dimension politique et démocratique non négligeable.
Cinq ans donc, que Kosmopolite propose, surprend, dérange, interpelle, fascine. Cinq ans que le festival compose avec son temps et joue avec la réalité pour mieux la questionner. Cinq ans de défis artistiques, cinq ans…
Et pourquoi pas plus...?
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